Sécuriser les réseaux : une mission clé

L'explosion de gaz du 12 janvier dernier, rue de Trévise à Paris, a mis en évidence la vétusté et la dégradation du réseau de gaz parisien. Depuis, des travaux de rénovation sont en cours, faisant appel à de multiples compétences dont celles des géomètres-experts. En effet, ces derniers sont habilités à géoréférencer les réseaux enterrés.

Un contexte alarmant

Le 12 janvier dernier, rue de Trévise, dans le 9e arrondissement de Paris, une explosion de gaz est survenue dans une boulangerie. Le bilan : trois morts et un disparu. Un accident qui a donné lieu à des enquêtes de la commission supérieure de contrôle du gaz. Celle-ci a notamment soulevé la vétusté et la dégradation du réseau de gaz parisien, constitué au début du XXe siècle. A cela s'ajoutent des problèmes de signalement et de localisation. Dès lors, plusieurs travaux de rénovation ont été décidés et ont démarré, faisant intervenir un grand nombre d'acteurs parmi lesquels GRDF, la mairie de Paris, les gestionnaires de copropriétés, l'ensemble des entreprises effectuant des travaux à proximité des réseaux mais aussi les géomètres-experts.

Cartographier les réseaux : une compétence reconnue des géomètres-experts

Localiser les réseaux enterrés apparaît comme une nécessité afin d'optimiser les travaux de maintenance et surtout, éviter des tragédies comme celle survenue en début d'année. Une compétence que maîtrisent les géomètres-experts, qualifiés pour vérifier le respect des tolérances requises ainsi que pour géoréférencer les réseaux. En effet, en vertu des dispositions d'un arrêté du 15 février 2012, un dispositif de certification de compétences a été mis en place pour la détection des réseaux ainsi que pour leur géoréférencement. Les géomètres-experts ont été exonérés de la certification de compétences pour le géoréférencement des réseaux sous réserve qu'au moins un collaborateur du cabinet soit détenteur d'une autorisation d'intervention à proximité des réseaux (AIPR) délivrée par son employeur. Cet objectif visant à cartographier les réseaux était, rappelons-le, déjà au coeur de la réforme DT/DICT de 2012, concernant l'anti-endommagement des réseaux.

Sécuriser les réseaux enterrés et les professionnels y intervenant

Il y a une dizaine d'années, des accidents du même type que celui survenu rue de Trévise en janvier dernier ont affecté lourdement les villes de Bondy - plusieurs victimes à déplorer dont un mort et 46 blessés - Noisy le Sec, Niort et Lyon. En cause la plupart du temps : des réseaux de gaz, d'électricité, d'eau, de transport de chaleur ou de fibre optique endommagés. C'est dans ce contexte qu'a été engagée en 2012 la réforme DT/DICT. Objectifs : encadrer et coordonner les travaux réalisés à proximité des réseaux mais aussi sécuriser les personnes intervenant sur les chantiers et les riverains. L'idée était également d'améliorer progressivement la cartographie des réseaux. Ceux-ci doivent respecter une certaine classe de précision, appelée la « classe A ». Elle correspond à une incertitude maximale de localisation du réseau, inférieure ou égale à 40 centimètres s'il est rigide, ou à 50 centimètres s'il est flexible, soit une précision de 10 centimètres pour les opérations de relevé.

 

Trouver un géomètre-expert certifié pour le référencement des réseaux

Près de 250 cabinets de géomètres-experts sont habilités à géoréférencer les réseaux enterrés. Environ un millier de leurs collaborateurs justifient de l’AIPR, le fameux sésame pour être autorisé à accomplir cette prestation.
Consultez la liste (mise à jour en continu) des prestataires membres de l'OGE certifiés pour le géoréférencement des réseaux.

 

Depuis le 1er janvier 2019, les opérateurs de réseaux enterrés sensibles sont tenus de fournir des plans géoréférencés aux demandeurs de déclarations de projets de travaux en zone le guichet unique de l'INERIS urbaine. Voilà de quoi augurer de nouvelles opportunités pour les géomètres-experts de renforcer leur rôle d'acteur d'un cadre de vie durable.