La résilience des géomètres-experts pour bâtir le monde d’après

Être capable de se réinventer, de se remettre en question, de faire d’une épreuve un défi et une réussite, c’est ce qu’ont révélé les géomètres-experts pendant la crise du COVID…même si leur créativité et leur sens de l’anticipation a toujours été une force pour la profession. Aujourd’hui, cet esprit de résilience s’avère essentiel pour bâtir le monde d’après crise.

Un seul objectif : protéger les 10 000 emplois de la filière

Les indicateurs à la fin du mois de mai sont rassurants : l’inactivité partielle recule à 65 % et la perte de chiffre d’affaires redescend à 5%. Au 13 juin, la profession (constituée de 1 869 géomètres-experts qui emmènent une filière de 10 000 emplois) n’enregistre aucune fermeture non-planifiée de cabinet. Les mesures d’urgence déployées par le Gouvernement semblent avoir, pour le moment, sécurisé les trésoreries.

Dès le 17 mars, le confinement mettait fin temporairement aux activités liées au monopole des géomètres-experts. Impossible en effet de réaliser un bornage contradictoire lorsque le rassemblement des riverains les aurait exposés à l’épidémie. Dès la fin du mois de mars, 91 % des structures ont recouru au chômage partiel, entraînant une suspension totale ou partielle de l’activité de 60 % des collaborateurs. Les géomètres-experts décident alors de traiter les volumes de facturation en attente. Une manière de limiter la perte moyenne de chiffre d’affaires à 80%. Même si ce pourcentage cache aussi de fortes inégalités territoriales (1), il reflète aussi la capacité des acteurs de la filière à chercher et trouver des solutions pour faire face à une crise unique.

Post-confinement, faire tout de suite la différence

Parachever une division pour permettre la construction d’un pavillon, modéliser un BIM en un temps record pour permettre la mise en service rapide d’un immeuble… La reprise des chantiers, tant attendue par les opérateurs du BTP, a amené les géomètres-experts à répondre avec beaucoup d’agilité aux nouvelles règles sanitaires. Agilité et réactivité sont aussi, il est vrai, au cœur du métier de géomètre-expert, professionnel qui réalise, rappelons-le, les mesures foncières et détermine les droits qui y sont attachés. Un plus en tout cas pour accompagner la reprise du secteur du cadre de vie.

Garantir un cadre de vie durable, plus que jamais à l’ordre du jour !

Collectivités, citoyens et employeurs ont redécouvert pendant le confinement la valeur des équipements de proximité. Centres médicaux, productions alimentaires en circuits courts, réseaux et solidarité pour les plus isolés… Les échanges démocratiques, notamment locaux, réinterrogent la relation des citoyens à leur cadre de vie. Une réflexion qui anime également l’OGE dont les acteurs n’ont pas attendu la crise du COVID 19 pour penser un cadre de vie plus humain, porteur d’une dynamique de proximité.

Rappelons qu’à l’automne 2019, à l’occasion du SMCL, l’Observatoire National du Cadre de Vie (2) avait diffusé aux Maires et élus locaux une enquête nationale, réalisée par OpinionWay, sur les Français et leur cadre de vie. Les équipements locaux y figuraient déjà comme élément différenciant. L’Ordre suivra attentivement l’articulation de ces nouvelles ambitions avec la démarche « Zéro Artificialisation Nette » et la nécessaire relance économique, pour accompagner la profession dans les défis émergents.

 

(1) L’Ordre des géomètres-experts a eu à cœur de qualifier et quantifier les impacts sociaux de la crise sur la profession : une enquête en ligne, mensuelle, permet à l’instance de suivre mensuellement les taux d’activité et pertes de chiffres d’affaires pour les cabinets. Elle détermine notamment la stratégie financière pour accompagner les structures en difficulté.

(2) Dont l’OGE est membre fondateur, aux côtés des sept autres professions du Cadre de Vie.