Gouvernance, raisons d’Être, stratégie : l’OGE s’engage dans une nouvelle ère

Les 6 et 7 novembre derniers, l’Ordre des géomètres-experts (OGE) a réuni ses premières Assises ordinales à Roissy. Un rendez-vous inédit, tant par son ampleur (128 élus régionaux, soit 90 % des représentants de l’institution) que par son ambition : définir une vision partagée, moderniser la gouvernance et construire collectivement le prochain plan stratégique. Réinventer […]

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Les 6 et 7 novembre derniers, l’Ordre des géomètres-experts (OGE) a réuni ses premières Assises ordinales à Roissy. Un rendez-vous inédit, tant par son ampleur (128 élus régionaux, soit 90 % des représentants de l’institution) que par son ambition : définir une vision partagée, moderniser la gouvernance et construire collectivement le prochain plan stratégique.

Réinventer la forme pour encore mieux agir sur le fond

Pour cette première édition, l’Ordre a volontairement bousculé les codes. Ateliers collaboratifs, animations participatives, séquences libres : le format, pensé pour décloisonner, a permis de libérer la parole et de rapprocher élus, territoires et exécutif.

« Cette mobilisation exceptionnelle témoigne d’un attachement profond à notre Ordre et d’une volonté partagée de le faire évoluer », a souligné Séverine Vernet, présidente du Conseil supérieur.

Au-delà de la singularité de l’exercice, le résultat est tangible : 340 propositions ont émergé des échanges, témoignant de la vitalité d’une profession en quête d’outils, de lisibilité et d’agilité. Ces contributions alimenteront le futur plan stratégique de la profession et de son instance de régulation, attendu en janvier.

Deux raisons d’être, une même mission sociétale

Moment clé de ces Assises : la présentation officielle des raisons d’Être de l’Ordre et de la profession. Deux textes complémentaires, destinés à guider la trajectoire collective face aux transitions écologiques, territoriales et numériques.

La raison d’Être de l’Ordre réaffirme son rôle d’autorité de supervision, garante des normes, de l’éthique et du développement stratégique. Celle de la profession met en avant sa mission d’intérêt général : exactitude de la mesure, sécurisation foncière, contribution à la paix sociale et participation à l’aménagement durable des territoires.

Une démarche à portée juridique

Pensés comme de véritables textes d’orientation, les raisons d’Être ont été élaborées avec l’appui de la professeure de droit économique Marie-Anne Frison-Roche, spécialiste de la Compliance. Pour elle, la démarche dépasse largement l’exercice de communication. « La raison d’Être permet à une institution de s’inscrire dans un autre futur, pour elle-même mais aussi pour la société. » analyse-t-elle.

Marie-Anne Frison-Roche rappelle aussi leur valeur normative : « une raison d’Être, ce ne sont pas des paroles en l’air. Ces textes s’adressent aussi à des tiers, qui peuvent un jour être en droit d’en attendre des résultats concrets et de le revendiquer  sur le plan juridique en cas de manquement. ».

En ce sens, ces deux textes structurent désormais l’action collective : l’un encadre l’exercice institutionnel, l’autre engage la profession autour de sa mission d’intérêt général. En 2026, ces engagements seront matérialisés dans un code de droit souple.

Une gouvernance repensée pour gagner en lisibilité et en agilité

Les Assises ont également été l’occasion de dévoiler une réforme structurelle de la gouvernance de l’Ordre. Le dispositif actuel sera recentré autour de quatre commissions régaliennes :

  1. Instruction
  2. Assurance,
  3. Compliance & légistique,
  4. Registre des actes fonciers.

Autour de ce socle, des groupes-projets thématiques, limités dans le temps, traiteront les enjeux émergents : sobriété foncière, intelligence artificielle, transitions écologique et numérique, communication…

Pour le ministère de tutelle, représenté lors des Assises par Christophe Suchel, Adjoint au sous-directeur de l’aménagement durable (DHUP/AD) de la Direction Générale de l’Aménagement, du Logement et de la Nature (DGALN), la réforme de gouvernance engagée par l’Ordre constitue bien plus qu’un simple ajustement organisationnel : elle marque un changement d’époque. « Cette démarche est la preuve du dynamisme de votre profession et vous inscrit dans la perspective d’un changement de paradigme concernant la question foncière. » déclare-t-il

L’Ordre revendique ainsi une gouvernance plus lisible, plus réactive, mieux arrimée aux territoires et fondée sur une logique de co-construction.

Ces Assises ordinales inaugurent une dynamique nouvelle. Elles ont permis, à l’aube d’une nouvelle année et de nouvelles perspectives professionnelles, de renouveler les modes de dialogue, de clarifier les ambitions et d’acter une réforme de gouvernance attendue. Elles ouvrent surtout la voie au nouveau plan stratégique voulu par la Présidente du Conseil supérieur de l’Ordre des géomètres-experts qu’elle présentera le 20 janvier prochain lors de ses vœux et dont nous ne manquerons pas de vous dévoiler les grandes lignes dans notre prochaine newsletter.

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